Who run the world ? Kids !*
Attachez vos ceintures, les enfants entrent dans l'arène. Le mois de septembre met à l'honneur les marmots avec la rentrée scolaire, et ceux qui me connaissent savent combien j'aime les enfants. Ils ont ce "je ne sais quoi" qui les rend absolument craquants. Cela n'est pas un hasard si j'ai choisi cette spécialité dans mon métier, même si j'admets que leur souffrance psychique et physique est dure à supporter.
Evidemment, les enfants ont également moins de préjugés sur le handicap. Ils ont une plus grande faculté d'adaptation que les adultes, et aussi beaucoup plus de spontanéité...
Faut-il que je vous raconte la fois où F. m'a littéralement donné envie de disparaître en m'évaporant dans les airs ? Go...
F. a 7 ans, il fait très bébé pour des raisons qui lui sont personnelles et confidentielles, donc quand on fait une virée shopping, c'est toujours très rythmique.
Voilà que nous passons devant une grande surface, quand une tripotée de gamins de genre féminin et masculin confondus foutaient le grand bordel devant le magasin. Un groupe de pecnos de base [16-20 ans maxi], un peu comme dans la pub Société générale "Don't you know pump it up ! You got your pump it up", bref des djeun's au charisme d'un bouton de porte.
Inutile de préciser que tout ce beau monde était en train de fumer des choses étranges et pénétrantes, et qu'après ça rigolait beaucoup (c'est mal, la drogue c'est pas bien).
Ceux qui connaissent F. savent que ce n'est pas un enfant genre "très silencieux", et qu'il n'a pas sa langue dans sa poche.
F. : pouaaahhh ça SENT MÔVAIIITTT !
Bande de jeunes : c'est ta mère qui sent mauvais ! {rires + ton de celui qui pense avoir sorti, en toute modestie, la plus grande vanne du siècle}
Et là tu crois juste "halluciner"
et te retiens de dire des choses pas très jolies (parce que tu es quand même une fille polie et bien élevée), mais je
ne me suis tout de même pas gênée de répondre au chtof en chef du groupe "Ca, c'était pas très classe".
Le gueux réalise subitement qu'un handicapé, ça parle. Violente prise de conscience. C'est alors que son attaché de presse me déclare la guerre en se prenant pour un shérif : "Tu parle à qui là ?"
Faut-il dire que je m'en contrecarre le
fondement de son expression qui date de l'âge de pierre ? C'est alors que face à l'adversité
et avec beaucoup
de courage, je me sentais investie de la mission "prévention-défense contre la connerie" devant un môme de 7 ans.
Moi : Euh, excuse-moi ? Dois-je considérer ça comme une menace ?
L'attaché de presse du gueux : C'est quoi ton problème en fait ?
Moi : Mis à part que tu viens indignement de te mesurer à un gamin qui a 15 ans de moins que toi, j'en ai aucun. C'est donc plutôt toi qui devrait en avoir un, mais ça, j'ai pas le temps de faire une analyse de l'adolescent angoissé que tu es. Ah oui, au fait, mollo sur la cocaïne.
C'est alors que j'ai pu saisir le subtil échange entre deux greluches : "franchement, les handicapés ils parlent trop". Jusqu'à ce que je me retourne, le smoky-eye violet pailleté dardé sur elle avec mon expression n°124, celle qui veut dire "vas-y répète c'que tu viens de dire et je te fais manger ton nez par les oreilles".
Comment les gens peuvent dire des choses pareilles ? Quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, tout ce que l'on fera sera rapporté à notre handicap. Quel est le rapport ?
La prochaine fois je vous raconterai à quel point les femmes cougar me font horreur et honte pour toute la gente féminine.
Et juste pour le plaisir, parce que je suis passionnée de mode pour enfants...
* A la gloire des petits héros de Curie




